Accompagner un film muet au piano et le présenter en ciné concert, c'est un peu s'engager dans une aventure collective, où les Hitchcock, Chaplin, Murnau, Eisenstein ou Ozu du passé revivent par leurs films, à travers des collectionneurs, des restaurateurs de copies abimées, des distributeurs, des exploitants de salles, dont les actions conjuguées permettent de transmettre ces fascinantes partitions cinématographiques aux musiciens contemporains, et par là-même au public d'aujourd'hui.
7 avril à 10h30 à Beauvais (60)-----------------------------------------------------------------------------------------------
Ciné Concert Maria do Mar de José Leitao de Barros Portugal - 1930 - 1h34 - Copie Cinémathèque de Lisbonne Accompagnement musical : Jacques Cambra, piano solo
Une magnifique histoire d'hommes et de femmes, d'amour, de mort, de danses et d'amitiés au sein d'une communauté vivant pour la mer, et parfois mourant pour elle. Sans que l'on y prenne garde, la beauté des images, la virtuosité du montage nous happent, et ce quotidien aux traditions poétiquement reconstituées devient notre, nous faisant profondément ressentir la dureté qui de tous temps, façonne les hommes. JC
20 et 21 Avril à 16h00 à Bourg-la-Reine (92)------------------------------------------------------------------------------- NO LIMIT ! Un Ciné Concert spectaculairement burlesque... Consulter le LIVRE / BANDE-ANNONCE à feuilleter Accompagnement Musical Jacques Cambra, piano et Jean-Carl Feldis, basse, objets et machines à bandes Scène Nationale Les Gémeaux / Conservatoire de Musique 20 Avril à 20h00 à Rosny-sous-Bois (93)------------------------------------------------------------------------------------ Ciné Concert The General de Buster Keaton et Clyde Bruckman USA - 1926 - 1h15
Un mécano se lance à la poursuite des Nordistes qui ont enlevé sa fiancée et volé son train, tracté par "La General, la locomotive qu'il chérit. En reconstituant un épisode de la guerre de Sécession, Buster Keaton signe à la fois une formidable critique de la guerre, un grand film d'aventures et un chef-d'oeuvre de l'art burlesque
Films muets de Albert Capellani - Buster Keaton - Fritz Lang. Villes : Paris, Arras, Berck-sur-Mer, Saint-Pol-sur-Ternoise, Douai, Bourges. Accompagnements musicaux : Piano solo et en duo avec Casilda Rodriguez, accordéon.
France - 1913 - 146' - Copie teintée (restauration 2010), avec Henry Krauss, Sylvie, Paul Escoffier
Ouvrier au chômage, Étienne Lantier trouve finalement un emploi aux mines de charbon de Montsou. Quand la direction décide de baisser les salaires, il pousse les mineurs... (source cinémathèque française)
Accompagnement musical
Jacques Cambra, piano & Casilda Rodriguez, accordéon 26 au 29 Mars / Tournée Nord / Pas-de-Calais (Plan-Séquence) Ciné Concert The Navigator de et avec Buster Keaton USA - 1924 - 60', avec Buster Keaton, Kathryn McGuire, Frederick Vroom Un huit-clos, en pleine mer sur un bateau tour à tour inquiétant, amusant, étonnant, où Rollo (Buster Keaton) se débat avec les objets du bord, explore à sa manière les fonds marins et déjoue une attaque. Du grand Keaton... Accompagnement Musical Jacques Cambra, piano solo (improvisation) le 26 mars à 20h00 au Cinémovida d'Arras le 27 mars à 14h30 au Familia de Berck-sur-Mer le 28 mars à 14h30 et 20h30 au Regency de Saint-Pol-sur-Ternoise le 29 mars à 20h30 l'hippodrome de Douai 30 Mars à 20h00 / Maison de la Culture - Bourges Ciné Concert Metropolis de Fritz Lang Allemagne - 1926 - 2h40, d'après le scénario de Théa Von Harbou
Mon fils muet préféré de Fritz Lang (avec der Müde Tod, qu'il réalise en 1921). Pour aller vite et au delà de l'aspect moderniste et des hallucinants décors dont se souviendra Ridley Scott pour Blade Runner, j'aime la fable de Metropolis dont les éléments symboliques omniprésents nous renvoient à notre condition individuelle (me semble-t'il), où nous sommes parfois les représentants du monde du haut, parfois du monde du bas, et toujours en recherche du "médiateur" entre cerveau et coeur. Et la nouvelle copie restaurée, enfin complète, renoue avec la fluidité narrative des origines : c'est magnifique !
Chaque nouvelle année qui commence, en plus de permettre l'échange des voeux avec nos proches, nous invite également à penser à "nos prochains", dans le sens de nos contemporains bien sûr, mais aussi des "prochains projets" ou "prochaines rencontres" auxquels on se prépare sans les connaître complètement; pour leur permettre de pouvoir peut-être, s'incarner demain.
Cette belle perspective est particulièrement présente en ce mois de janvier 2013 qui nous permettra de rendre visite, (les 10, 19, 22, 25, 27, 28, 29, 30 et 31) à cinq réalisateurs faisant maintenant partie des proches, grâce aux nombreuses visites consacrées à eux lors de ciné concerts passés. Qu'ils aient pour nom Jean Renoir, Harold Lloyd, Alfred Hitchcock, Buster Keaton ou Robert Flaherty, leur pensée d'ombre et de lumière est toujours vivace, et ne demande que l'étincelle du moment musical pour jaillir à nouveau, l'espace d'un éternel instant.
Et n'oublions pas que sans les collectionneurs privés et Archives nationales et régionales du film, toutes ces oeuvres seraient perdues pour tous et pour toujours. A signaler donc, la très belle brocante annuelle de Cinémachina, qui se tiendra à la condition publique de Tourcoing le 21 janvier prochain, sous la houlette experte de Daniel Najberg.
Mais pour commencer, une première (dans tous les sens du terme) aura lieu dans deux jours, au Cinéma Apollo de Châteauroux, à l'initiative de Bénédicte Dominé, sa directrice.
Je suis donc invité, à jouer non pas comme à mon habitude, pendant la projection d'un film muet des années 1920, mais cette fois pour une "Pour-Suite pianistique" après un film sonore contemporain (faisant toutefois magnifiquement appel dans sa deuxième partie aux fascinantes ressources du cinéma muet). Il s'agit du film Tabou du réalisateur portugais Miguel Gomes, sorti sur les écrans le 4 décembre dernier.
Le choc que j'ai ressenti en découvrant ce film a été profond et demeure insidieusement vivace. Film sur le mystère de l'image que nous renvoie l'autre, et que seule la compassion permet d'explorer, film sur la mémoire qui à la fois construit nos vies tout en empêchant le présent de pleinement exister...
A travers la présentation d'un quotidien citadin qui semble devoir se répéter sans fin, puis par l'évocation d'un paradis perdu aux senteurs africaines, ce film déploie ses ailes gigantesques pour nous parler d'amour, de mort, d'horizons lointains et de la vie qui passe. Mais le choc, c'est quand on s'aperçoit que c'est notre propre coeur que les personnages (merveilleusement incarnés d'Aurora, Pilar, Ventura ou Santa) dévoilent inexorablement, révélant au final que c'est lui qui contenait déjà ces cicatrices et ces images.
Incarner musicalement cette idée de la mémoire dans le souvenir immédiat du film qui s'est achevé il y a un instant, continuer la séance en bâtissant une nouvelle mémoire et en concevant une vie d'après, musicale celle-là... Merci à Bénédicte d'offrir cette occasion unique de s'aventurer vers cet ailleurs-là.
19 janvier 2013 à 15h00 Forum des Images (Paris), Ciné Concert piano solo sur
Avec Nanouk, premier documentaire long métrage TOUT PUBLIC de l'histoire du cinéma, nous sommes entraînés par Flaherty, et ce dès les amusantes premières images, dans le dépaysant quotidien d'une famille inuit du début des années 1920.
Est-ce la fraîcheur des sourires, la dureté de l'environnement glacial, le dépaysement total que nous procure la vue de ces espaces hors de notre portée, qui amène ainsi ce sentiment de ne faire qu'un avec l'âme de ce peuple inuit ? A vrai dire, il apparaît que Flaherty a su, à travers le deuxième film qu'il consacre à ce sujet, être autant un explorateur des âmes, qu'un poète des images animées. Son admiration pour ces peuples, qui transpire à chaque plan, la beauté de ce qu'il a su si bien percevoir, mais aussi si bien montrer, a valu à Nanouk à sa sortie un succès mondial qui ne s'est jamais démenti et ne se dément toujours pas. Magistrale démonstration de la mystérieuse capacité du cinéma à montrer les âmes de l'intérieur vers l'extérieur du cadre, Nanouk, en nous parlantdes Inuits, nous parle surtout de nous-mêmes...
22 janvier 2013 à 19h00 Forum des Images (Paris), Ciné Concert piano solo sur
Nana de Jean Renoir
(France - 1926 - 141' - d'après le roman Emile Zola)
"Dans Sherlock Junior, je cours sur les toits d'un train et saisis au passage la corde d'un château d'eau pour rejoindre la terre ferme. Inutile d'expliquer la suite du gag : je reçois une cataracte".
Loin de refléter la violence du tournage qui le laissera plein de contusions et de blessures, Keaton nous raconte dans ce film (ou plutôt nous conte) l'histoire d'un petit projectionniste - balayeur qui rêve de devenir détective amateur et aussi de conquérir sa belle. Il va bien sûr finir par réaliser ce souhait, et ce grâce à la magie du cinéma. Avec une virtuosité narrative confondante, Buster que nous regardons sur notre écran va "passer" dans l'écran qu'il regarde lui (n'oublions pas qu'il est projectionniste de cinéma). Vivant des aventures sur plusieurs plans, il nous emporte dans un dédale, un délire des sens qui, signe de son génie, n'atteint jamais le vertige. On peut bien sûr penser à La rose pourpre du Caire où Woody Allen utilise le même procédé (l'écran dans l'écran). Mais on peut également rapprocher Sherlock Junior de l'Inception de Christopher Nolan, qui nous entraîne dans différents niveaux de rêves où conscience, espace et temps sont à reconsidérer sans cesse dans l'imaginaire du spectateur (Mais là, on atteint le vertige).
Et en voyant ce film, nous réalisons (comme à chaque fois avec Keaton) à quel point son univers artistique est un savant équilibre entre le beau cinéma, l'épaisseur qu'atteint le personnage pourtant éthéré qu'il met en scène, et la drôlerie qu'il a tant voulu partager avec nous. Vraiment, il y a de la magie dans la virtuosité de cet homme là !
Premier de ses films avec la merveilleuse Jobyna Ralston (Lloyd aura deux partenaires féminines principales avant de travailler avec elle : la pétillante Bébé Daniels tout d'abord, puis la capiteuse Mildred Davis qui deviendra sa femme), Why Worry est certainement l'oeuvre de Lloyd qui m'a fait le plus rire, à tel point qu'il a parfois fallu que je m'accroche au piano pour continuer à jouer, pendant que l'intrépide aventurier développait à l'écran d'hallucinantes péripéties, dénotant au fil des images un culot d'acier grandissant.
L'argument et le film
Parti se reposer de ses tendances hypocondriaques (à peine exagérées) vers un ailleurs qu'il se représente paradisiaque, Harold se trouve pris au coeur d'une série de putschs et de contre-putschs qui secouent une république bananière: Paradisio.
Dans ce film, Lloyd, à travers son personnage d'Harold le milliardaire, va s'attacher à décourager toute velléité d'installer un ordre établi, quand cet ordre tente de se bâtir sur les fondements de l'injustice.
Détruisant l'ego des médiocres dirigeants en place, mettant à mal les signes extérieurs de la puissance inique des forts, au fond totalement flageolante (il signe le registre d'écrou comme un grand seigneur persuadé de prendre ses quartiers au Ritz), il parvient même à ridiculiser le fanatisme : croyant assister à une danse locale lorsqu'un homme est abattu, il applaudit !
Par ailleurs, ce film est également l'occasion pour lui de nous montrer que la véritable compétence peut se révéler en chaque homme, pour peu que l'on éprouve de la compassion pour lui (quitte à se transformer en dentiste). Cet homme que l'on n'a pas annulé malgré ses différences sociales, morales ou physiques (très physiques dans le film !) va alors pouvoir trouver sa place dans le monde, mettre à jour ses qualités jusqu'à l'excellence, et devenir finalement un précieux allié. Ce dernier élément permet d'ailleurs, me semble-t'il, de considérer que l'exotisme dans lequel se déroule l'action est plus un transfert de ce qui peut se passer dans les républiques évoluées (en l’occurrence l'Amérique du Nord), que simplement une vision générique d'une Amérique latine qui serait structurellement décadente.
Et que serait un film de Lloyd sans une belle histoire d'amour (avec coucher de soleil magnifiquement filmé), qui nous rappelle que le seul amour, c'est le grand amour ?
C'est une étape
singulière de la révolution russe que retrace l’œuvre de Serguei
Eisenstein.
Tout, ici, est symbole...
Le cuirassé sillonne les
eaux agitées qui annoncent le climat tendu du film.
Les ouvriers ne supportent
plus leur condition, ne veulent plus se nourrir de viande avariée et
rongée, cette nourriture qui représente ce peuple en morceau.
En montant face aux
soldats les marches de l'escalier d'Odessa, elle tenait le corps de
son fils dans ses bras ; cette femme dont la douleur transperce
l'écran. Une souffrance sans limites.
Avec des supérieurs
aux sourires sadiques et auto-satisfaits face à la souffrance des
marins qui vont se révolter, le réalisateur représente la
révolution de 1905. Le spectateur est bouleversé par la mythique
scène de l'escalier d'Odessa où la foule accueille le cuirassé
Potemkine avec joie en le ravitaillant. Les riches, pauvres, femmes,
hommes, enfants, adultes et handicapés se mélangent, se soutiennent
et observent ce Cuirassé. Ce moment de bonheur vite anéanti par
l'arrivée inopinée des soldats tsaristes. Tels une rangée
d'automates destructeurs, ils terrorisent la population d'Odessa et
tuent, assassinent. Les plus petits sont touchés aussi bien que les
plus âgés. La descente aux enfers de la poussette déboulant
l'escalier a été vue et revue, reprise dans de nombreux films (Les
Incorruptibles dont le titre original
est The Intouchables de
Brian De Palma, pour n'en citer qu'un).
Les ombres assassines des
soldats viennent repousser le peuple. C'est la vengeance du pouvoir
sur les plus faibles.
Ces évènements
rappellent les conflits de notre monde actuel, ils nous rappellent
des vies brisées à cause d'un pouvoir oppressant.
Eisenstein crée ce film
sur commande et malrgé les quatre mois accordés pour le tournage,
il arrive à bout d'une oeuvre culte.
Le Cuirassé
Potemkine est un incontournable, la
clef de nombreux films qui puisent à cette source d'une richesse
incroyable.
Il éblouit avec
l'Expressionnisme allemand, il émerveille avec le Burlesque...
Jacques Cambra est encore à l'aise avec le cinéma soviétique. Son
accompagnement rend justice à la technique d'Eisenstein et tout
autant à la force de l'oeuvre.
Place au génie
d'Eiseinstein et à l'univers de Cambra.
Le film muet, une fois pensé par le scénariste et le réalisateur, est fixé sur la pellicule et se reproduit à jamais à l'identique. Mais ponctuellement et pendant le court instant de la séance, il va rencontrer à la fois public et musicien, liés intimement l'espace d'un instant autour de cette oeuvre atemporelle, signée par un créateur du passé.
Difficile de raconter un Ciné Concert...
Où la chaleur et la confiance des organisateurs compte tant pour trouver la note bleue qui se fondra en images
Difficile de raconter un ciné concert...
Il n'y a rien que le cinéma, rien qu'un film avec le film, un film autour du film, un film pour retrouver un parfum qui s'évanouit peu à peu...
Et merci à Jérôme Tisserand et au Ciné Club de Meaux, qui comme Georges Coste et Piera Simon ont été au mis au courant de ce projet de "film autour du film" la veille au soir !
Une touche de blanc, une autre de noir ; entre clair et obscur. Une part de théâtre fondue dans un film ; des décors monumentaux qui mettent en place une oeuvre unique... On se laisse convertir au culte expressionniste.
Voici donc Metropolis. Sommet du cinéma allemand qui suivit la Première Guerre Mondiale. Critique de la société mêlée à celle du pouvoir. Mélange extravagant de styles qui choquent et qui provoquent l'angoisse. Constante exagération des sentiments ancrés dans les mythes classiques. Vague de folie qui s'abat sur les personnages. Jeu de doubles, jeu de miroirs et d'ombres, sans lesquels l'expressionnisme allemand n'est pas l'expressionnisme allemand.
Metropolis, Freder Fredersen / Photo MK2
Mais le chef-d'oeuvre de Fritz Lang est d'une beauté atemporelle. A Metropolis, on pleure, on a peur, on rit, sans trop se poser de questions... Sauf une, peut-être, qui flotte incessamment en notre esprit : l'Homme peut-il vivre en harmonie avec les machines, ses propres créations ? Chacun trouve sa propre réponse ou laisse la question en suspens.
Metropolis est un film où l'on peut garder les yeux grands ouverts du début à la fin, un film où le mot "ennui" ne s'imprime jamais en notre esprit. On plonge au plus profond des souterrains d'une ville, des souterrains recelant des mystères et annonçant des orages... Et le récit, à notre époque, nous paraît bien amer...
Car s'annonce en ce film la mise en place inquiétante des régimes totalitaires avec un homme auquel on confie le pouvoir et qui chamboule la vie de la cité.
Massacré, censuré et rejeté dans sa version initiale, le film n'a retrouvé que depuis peu sa version complète de deux heures et demi. celle que nous avons la chance de retrouver aujourd'hui et qui regagne vingt-cinq minutes cruciales de plans incroyables. On se plait à redécouvrir une époque où la caméra était fixe et où les plans contenaient des trésors merveilleux ; il en va de même de la musique de Jacques Cambra, évidemment imprévisible et inédite. Au vu de la durée du film, on ne peut que s'étonner de son choix pour un ciné concert... On ne peut que deviner une création qui poursuivra le film comme une ombre, une création qui déroutera.
Metropolis, Maria : Photo MK2
Et de fait ! C'est un merveilleux exploit que nous propose Jacques Cambra qui accompagne les images et crée une musique haletante tout le long du film. Le musicien tient les deux heures et demie sans aucune pause ; on pourrait presque croire qu'il ne respire pas... On se rassure pourtant de temps en temps en jetant un coup d'oeil à l'artiste et à ses doigts qui glissent sur les touches du piano. Qui plaque avec force ses accords sur le clavier quand l'action est à son sommet. Et qui, délicatement parfois, célèbre en quelques notes le retour de l'harmonie pendant que Maria retrouve l'homme qu'elle chérit.
On en ressort du spectacle le mot "merci" aux lèvres
*ciné concert du 6 juillet 2011 au festival international du film de La Rochelle, journées ADRC
Ce que l'on voit depuis la scène
du Pestel / Photo Jacques Cambra
La vie d'un pianiste de ciné concerts, autour de la musique et du cinéma muet, est faite de voyages, de rencontres et d'échanges permanents. C'est pourquoi il est parfois bon de poser ses valises pour prendre le temps de digérer ces richesses issues de rencontres avec des oeuvres, des chefs-d'oeuvres et de moments d'échanges aussi bien avec les réalisateurs, les compositeurs ou le public.
Suite à la rencontre avec Kate Henry lors d'un ciné concert le 1er mai dernier au cinéma le Pestel (qu'elle dirige et programme), la chose était faite, et nous décidions ensemble d'organiser cette résidence grâce à laquelle je pourrais inviter des musiciens pour bâtir une aventure artistique collective autour du cinéma, du cinéma muet et de la musique.
Le cinéma le Pestel
Cinéma Le Pestel, avenue de la division du Texas 26150 Die / Photo : Jacques Cambra
Dirigé et programmé par Kate Henry, le cinéma le Pestel est un lieu privilégié, où les films de réalisateurs contemporains reconnus (ou encore à découvrir) côtoient le cinéma de patrimoine pour le plus grand bonheur d'un public curieux et amoureusement cinéphile, public pour qui le plaisir de la découverte se mêle au plaisir du partage.
Un écrin parfait donc, pour que deux ciné-concerts et des préludes musicaux avant certaines séances viennent s'intégrer à la programmation estivale de Kate. C'est ainsi queYasujiro Ozu côtoiera Terence Malick l'espace d'une semaine, et le petit frère Harold Lloyd sera témoin de Rouhi, la future jeune mariée dirigée par Asghar Farhadi la semaine suivante.
de Harold Lloyd
(USA - 1927 - 1h20 - Noir et Blanc)
Photo : Carlotta films
Les préludes musicaux
Des pièces de musique classique et/ou improvisée en formations variées issues du travail en résidence
La Musique et les musiciens
Il me semble que pour un musicien, faire de la musique s'apparente autant à la pratique réfléchie d'un instrument qu'à une manière de vivre. Il s'agit tout d'abord, à travers son instrument, de jouer "au delà" des notes pour faire résonner l'invisible, touché du doigt par le compositeur ou révélé en direct par l'improvisateur.
Et tout aussi important est le désir d'associer un public à cette causerie (rêverie ?) musicale, comme l'on cause dans la vie.
Avec les films muets comme partitions, notre musique, aux antipodes de servir à illustrer un propos cinématographique devra plutôt mettre en valeur ce qu'il y a "au delà" de l'image.
C'est en ayant clairement ces pensées en tête que j'ai demandé à Nicolas Caudron (batterie), Catherine Déjardin (flûte), Claire Lavandier (soprano) et Hiroko Sugiura (flûte) de faire vivre avec moi ce projet et je suis ravi qu'ils aient accepté cette invitation.
L'école de musique
Classe de piano
Une résidence avec des musiciens implique un espace de travail adapté aux répétitions aussi bien collectives qu'individuelles (pour préparer les collectives). Il faut des pianos, des batteries, des pupitres, plusieurs salles donc de différentes tailles. C'est à l'école de musique de Die qu'auront lieu les répétitions. Toute l'école de musique a été mise à notre disposition par la mairie de Die qui part son action centrale rend le projet possible. Je profite de ces lignes pour remercier chaleureusement toute l'équipe de la mairie qui par ce soutien rend le projet possible.
Je n'oublie bien sûr pas Monsieur Guy Taupin, accordeur de piano à Die qui met à la disposition du Pestel son splendide Steinway M de 1929 pour la durée de la résidence. Merci à lui qui permet d'élever le projet à ce niveau d'exigence artistique.
Générique de fin
Et pour terminer, je vous propose une petite visite des lieux avec quelques photos prises depuis mon arrivée photos illustrées par une improvisation d'Hiroko et moi-même, captée en mars dernier lors d'un ciné concert autour de Gosses de Tokyo.
Je vous dis à bientôt à Die et vous souhaite un bon été